Morning Watch du 19 juillet 2020

“Heureux les affligés, car ils seront consolés.” Matthieu 5.4

L’affliction dont il s’agit ici est celle que cause le sentiment intime du péché. Jésus dit: “Quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi.” Jean 12:32. En contemplant Jésus sur la croix, on saisit mieux la corruption et la culpabilité de l’homme. C’est le péché qui a frappé et cloué au bois le Seigneur de gloire. Le pécheur reconnaît que, malgré la tendresse inconcevable dont il n’a cessé d’être entouré, sa vie entière a été faite d’ingratitude et de révoltes. Il s’est détourné de son meilleur Ami, il a méprisé le don le plus précieux du ciel. Il a personnellement crucifié à nouveau le Fils de Dieu dont un sombre abîme le sépare, et, le cœur meurtri, il gémit et se lamente.

Voilà l’affligé qui sera consolé. Dieu nous révèle notre indignité pour que nous nous réfugiions auprès du Sauveur qui nous délivrera de l’esclavage du péché et nous fera jouir du bonheur et de la liberté des enfants de Dieu. Quand notre cœur sera réellement brisé par le remords, nous pourrons alors nous jeter au pied de la Croix et nous y décharger de tous nos fardeaux.

Les paroles du Sauveur contiennent aussi un message de réconfort pour ceux qui sont dans le deuil ou le dénuement. Nos épreuves ne sont pas fortuites et “ce n’est pas volontiers que Dieu humilie et afflige les enfants des hommes”. Lamentations 3:33. Lorsqu’il permet à la tribulation ou au chagrin de nous visiter, c’est “pour notre bien, afin que nous participions à sa sainteté”. Hébreux 12:10. Si nous la recevons avec foi, cette épreuve, aujourd’hui si amère et si lourde, se changera pour nous en bénédiction. Les coups du sort qui flétrissent nos joies nous amènent à diriger nos regards vers le ciel. Combien d’êtres n’auraient jamais connu Jésus si la douleur ne les avait poussés à chercher en lui leur consolation!

Les épreuves de la vie sont des agents dont Dieu se sert pour discipliner et transformer notre caractère. Il est douloureux d’être par elles taillé, épuré, ciselé, lissé, poli, broyé sous la meule. Mais c’est ainsi seulement que l’on peut devenir une pierre vivante et authentique dans l’Église du Seigneur. Les matériaux ordinaires ne sont pas l’objet d’attentions et de soins minutieux, mais seulement les pierres de choix, dignes d’entrer dans l’édification d’un palais.

Le Seigneur agira ainsi pour tous ceux qui mettent leur confiance en lui, et, s’ils sont fidèles, ils remporteront de brillantes victoires; ils recevront de précieuses leçons et acquerront une expérience inestimable.

Notre Père céleste n’est jamais insensible envers les affligés. Quand David, en fuite devant l’armée séditieuse de son fils Absalom, gravissait, nu-pieds, le mont des Oliviers (2 Samuel 15:30), Dieu eut compassion de lui. Bourrelé de remords, le roi avait pris le sac et la cendre. En larmes, le cœur brisé, il implora l’Éternel. Jamais il n’avait été aussi près du cœur de Dieu qu’au moment où, repris par sa conscience, il fuyait les ennemis que son propre fils avait soulevés contre lui. “Moi, dit l’Éternel, je reprends et je châtie tous ceux que j’aime. Aie donc du zèle, et repens-toi.” Apocalypse 3:19. Le Christ purifie le cœur contrit et console l’âme affligée pour en faire sa demeure.

Mais, quand vient la tribulation, combien sont comme Jacob! Nous croyons qu’elle vient d’un ennemi, et nous luttons aveuglément dans l’ombre jusqu’à l’épuisement sans trouver ni réconfort ni délivrance. À l’aube, l’attouchement divin apprit à Jacob qu’il avait lutté avec l’ange de l’alliance. Alors, pleurant de joie, il s’abandonna à l’amour de l’Être infini pour recevoir la bénédiction après laquelle son âme soupirait. Il faut que nous apprenions, nous aussi, que les épreuves sont salutaires et qu’il ne convient pas de nous rebeller contre les châtiments de Dieu, ni de nous laisser abattre lorsqu’il nous reprend.

“Heureux l’homme que Dieu châtie! […] Il fait la plaie, et il la bande; il blesse, et sa main guérit. Six fois il te délivrera de l’angoisse, et sept fois le mal ne t’atteindra pas.” Job 5:17-19. À tous ceux qui sont frappés, Jésus offre la guérison. Une vie de douleur et de souffrance peut être illuminée par les précieuses manifestations de sa présence.

Dieu ne veut pas que nous nous laissions terrasser par une douleur muette qui nous brise le cœur. Il désire au contraire que nous dirigions nos regards en haut, et contemplions sa personne adorable. Que d’affligés dont les yeux, si aveuglés par les larmes, ne voient pas le Sauveur, pourtant tout près d’eux! Il serait si heureux de prendre notre main dans la sienne, si nous voulions nous tourner vers lui dans la simplicité de notre foi, et nous laisser conduire! Son cœur est sensible à nos chagrins, à nos douleurs, à nos épreuves. Il nous aime d’un amour éternel et sa tendresse nous entoure. Si notre cœur est uni au sien et médite sur sa grande bonté, il élèvera notre âme au-dessus des tristesses quotidiennes et la fera demeurer dans le domaine de la paix.

Pensez-y, victimes de la douleur et de la souffrance, et réjouissez-vous de savoir que “la victoire qui triomphe du monde, c’est notre foi”. 1 Jean 5:4.

Heureux ceux qui — avec le Sauveur — pleurent sur la souffrance humaine et gémissent sur le péché du monde! Ce deuil est exempt d’égoïsme. Jésus fut “l’homme de douleur”. Aucune langue ne peut décrire les angoisses de son âme. Ce sont nos forfaits qui l’ont meurtri et brisé. Consumé par un désir sans bornes de soulager les maux et la misère de la multitude, son cœur était d’autant plus navré de la voir refuser de venir à lui pour avoir la vie.

Tous les vrais disciples éprouveront les mêmes sentiments. À mesure que son amour agira sur eux, ils se mettront à l’œuvre pour travailler au salut des perdus. Ayant participé à ses souffrances, ils participeront aussi à sa gloire. Unis avec lui dans son œuvre, ayant pris part comme lui à la coupe de douleur, ils auront aussi part à sa joie.

C’est par ses souffrances que Jésus s’est qualifié pour le ministère de la consolation. Le tourment de l’humanité le désole. “Ayant été tenté lui-même dans ce qu’il a souffert, il peut secourir ceux qui sont tentés.” Hébreux 2:18. Toute âme qui aura souffert avec le Sauveur sera digne de prendre part à son ministère. Car, “de même que les souffrances du Christ abondent en nous, de même notre consolation abonde par le Christ”. 2 Corinthiens 1:5. Le Seigneur accorde à celui qui est affligé une grâce particulière qui lui permet d’attendrir les cœurs et de les sauver. Son amour rafraîchit ceux dont l’âme est brisée et meurtrie, et devient un baume pour ceux qui sont dans la souffrance. “Béni soit Dieu, […] le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console dans toutes nos afflictions, afin que, par la consolation dont nous sommes l’objet de la part de Dieu, nous puissions consoler ceux qui se trouvent dans quelque affliction!” 2 Corinthiens 1:3, 4.