Morning Watch du 10 août 2020

« C’est pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? » Mt. 6.25

L’amour Chez beaucoup, le but capital de la vie,—l’objet qui justifiera n’importe quelle somme de travail,—c’est de se trouver toujours en accord avec la dernière mode. Instruction, santé et confort, tout est sacrifié sur l’autel de la mode. Même dans les arrangements de la table, la mode et le désir de paraître exercent leur influence néfaste. La préparation hygiénique des aliments ne revêt à leurs yeux qu’une importance secondaire. La préparation d’une grande variété de plats absorbe du temps, de l’argent, et un travail ardu, et tout cela sans profit. On est peut-être à la mode quand on sert une demi-douzaine de plats au même repas; mais cette coutume est néfaste pour la santé. C’est une mode que les hommes et les femmes de sens devraient condamner par la parole et l’exemple. Ayez quelques égards pour la vie de votre cuisinière.»La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement?» (Mt.6:25)

De nos jours, les devoirs domestiques absorbent presque tout le temps de la ménagère. Combien il serait plus avantageux pour la santé de la famille que les préparatifs de la table soient plus simples! Des milliers de vies sont annuellement sacrifiées sur cet autel,—vies qui eussent pu être prolongées si ce n’avait été cette série interminable de devoirs imaginaires. Nombre de mères descendent dans la tombe, qui, avec des habitudes plus simples, eussent pu vivre pour être en bénédiction à leur famille, à l’Eglise et au monde.

Satan est l’inventeur de ces coutumes dont notre société moderne est affligée, et plusieurs des zélateurs de la mode ne trouvent rien de mieux à faire que de consacrer les heures précieuses du temps de grâce à faire des efforts presque infructueux pour se conformer à ses décrets qui changent presque chaque jour. Quel compte pourront-ils rendre au jour du jugement au Dieu qui a des droits indéniables sur leur temps, leurs forces, et toutes leurs facultés?

Ce cri se fait entendre tout au travers du pays: «Où trouver une bonne ménagère, qui sache bien faire la cuisine?» La pénurie de bonnes ménagères et de bonnes cuisinières a quelque chose d’alarmant. Si cet état de choses continue, il sera bientôt impossible de trouver une bonne servante.

Mais quelle est la raison pour laquelle nos jeunes filles redoutent tellement les travaux domestiques? La grande raison est que ce travail a été considéré comme humiliant. En général, la cuisinière n’a pas été l’objet de la considération à laquelle elle avait droit. J’ai vu des parvenus, qui semblaient avoir perdu leur bon sens avec leur pauvreté: ils sont devenus superficiels en toutes choses. Des couturières, des typographes, des lectrices d’épreuves, des comptables ou des institutrices, se considèrent comme trop aristocrates pour frayer avec la cuisinière.

Ces idées se sont répandues dans presque toutes les classes de la société. On fait sentir à la cuisinière que ses occupations la placent bien bas dans l’échelle sociale, et qu’elle ne peut pas s’attendre à être considérée comme un membre de la famille. Y a-t-il donc lieu de s’étonner que des jeunes filles intelligentes prennent de préférence quelque autre vocation? Peut-on encore être surpris de constater qu’il y a si peu de cuisinières instruites? Tout ce dont on peut s’étonner, c’est qu’il y en ait encore autant qui consentent à se soumettre à un tel traitement.

La cuisinière remplit une place importante dans la maison. Elle apprête les aliments qui doivent entrer dans l’estomac pour former le cerveau, les os et les muscles. La santé de tous les membres de la famille dépend en grande mesure de son habileté et de son intelligence. Jamais les travaux domestiques ne recevront l’attention qu’ils méritent jusqu’à ce que celles qui s’en acquittent fidèlement reçoivent les égards auxquels leurs délicates fonctions leur donnent droit.

L’amour du moi, le culte du moi, l’idolâtrie du moi, ont fait peser sur les épaules des femmes un joug intolérable. Elles sont écrasées sous le poids de lourds fardeaux. Et toute cette fatigue qu’elles s’imposent en faveur de la mode n’apporte en retour que souffrance et oppression. Christ, dont le regard pénétrant transperçait le voile des siècles consécutifs, vit l’état de choses actuel, et c’est à ces pauvres esclaves qu’il adresse cette précieuse invitation: «Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos.» Mt. 11:28, 29


Le Morning Watch est premier plan de lecture du département de la Jeunesse Adventiste paru pour la première fois en 1908, soit un an avant l’intégration officielle du département dans l’organigramme de l’Eglise.
Le Morning Watch mis en ligne depuis janvier 2020 est l’édition de l’année 1908.