Semaine GCV : Le temps de la guérison [Jour 5]

Méditation du jour

Le temps de la guérison

« De sorte que le Fils de l’homme est maître même du sabbat » (Marc 2:28).

Il y a une vieille histoire rabbinique, ou plutôt une parabole en fait : Dieu est allé de nation en nation, offrant sa loi pour essayer de trouver ceux qui seraient disposés à la recevoir. Ils ont demandé : « Que contient la loi ? » Lorsqu’ils ont entendu parler d’interdictions telles que ne pas tuer, ne pas mentir, ne pas voler, tous les groupes ont rejeté l’offre, car ils ne pouvaient pas imaginer la vie sans ces pratiques. Finalement, il a trouvé un groupe de personnes dans le désert à qui il a proposé la même chose. Leur question a été : « Quel est l’avantage de garder tes commandements ? » Dieu leur répondit : « Je vous offrirai mon royaume éternel, où il n’y aura plus ni mort, ni souffrance, ni douleur ; vous serez toujours heureux. » Ils ont souri en disant : « Ce que tu nous dis est beau, mais c’est trop loin dans le temps ; nous voulons quelque chose que nous pouvons voir et goûter maintenant. » Dieu leur répondit : « Avec la loi, je vais vous offrir un échantillon, un avant-goût, afin que vous puissiez voir à quoi ressemble le royaume. Je vous donnerai le sabbat. » La parabole exprime une grande vérité : le sabbat est une anticipation, un avant-goût, de la vie éternelle.

Jésus et le sabbat

Chacun de nous a une certaine image du sabbat, en fonction de son expérience de vie et de ses connaissances sur la question. La plupart du temps, nous associons le mot « sabbat » au repos, à la paix, aux bénédictions et à la joie. Nous ne voulons pas que le sabbat soit perturbé par des relations tendues, des accusations ou des souffrances physiques ou émotionnelles. Mais nous vivons dans un monde de péché, et nous devons reconnaître que c’est parfois la réalité. Tous les sabbats ne sont pas les mêmes. C’était le cas avec Jésus, dont nous pouvons lire le récit dans Marc 3:1-6.

Peut-être que l’auteur, le disciple Marc, était présent durant ce sabbat. C’est pourquoi il ne pouvait pas oublier la scène dans laquelle Jésus « [promena] ses regards sur eux avec indignation » (Marc 3:5), parce que la souffrance était trop grande et qu’il ne pouvait pas la cacher, et à cause de l’endurcissement de leur cœur.

L’événement de la synagogue est précédé d’un autre épisode (Marc 2:23-28) qui a également eu lieu le jour du sabbat. Les disciples avec Jésus traversaient des champs de blé, et ils se mirent à arracher des épis et à les manger (Marc 2:23). Celui qui est accusé à nouveau est, bien sûr, Jésus, car il le permet. Chaque disciple parle des miracles que Jésus a accomplis le jour du sabbat, et si nous les comptons, il y en a sept en tout. Tous les évangiles relatent les tensions et les confrontations entre Jésus et les chefs religieux à l’occasion de ces miracles, mais c’est le disciple Jean qui consacre le plus grand espace à la narration des controverses qui ont suivi.

Il est important que chaque croyant se souvienne que ces discussions ne portent jamais sur la façon dont le jour doit être célébré, mais seulement sur la façon dont le sabbat doit être respecté. Les pharisiens avaient 39 catégories d’interdictions pour le sabbat, et les discussions autour de ces interdictions étaient sans fin et souvent stériles. Jésus n’a jamais été entraîné dans de tels débats. Même dans ces deux cas, il ne fait rien d’autre qu’exprimer des principes généraux qui peuvent, bien sûr, être appliqués différemment, en fonction du lieu et du temps, comme « Est-il permis, le jour du sabbat, de faire du bien ou de faire du mal ? » (Marc 3:4) Le mal, c’est ce qu’ils avaient l’intention de faire ce même sabbat – ils avaient l’intention de tuer Jésus (Marc 3:6).

Le disciple Matthieu ajoute un détail : « Si vous saviez ce que signifie : Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices, vous n’auriez pas condamné des innocents » (Matthieu 12:7). Il est possible que, ce jour-là, personne n’ait invité les disciples à déjeuner. Dans l’Ancien Testament et au temps de Jésus, le sabbat n’était pas un jour de jeûne, mais un jour de joie. C’est pourquoi Jésus leur dit : « Le sabbat a été fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat » (Marc 2:27). Les principes énoncés par Jésus sont profonds et exhaustifs ! S’ils étaient pris en compte même aujourd’hui, beaucoup de tristes expériences seraient évitées.

Le sabbat – un jour de joie 

Jésus est à la synagogue un jour de sabbat et est invité à prêcher. C’est ce que nous voulons chaque sabbat : voir et entendre Jésus ! Jésus ne se contente pas d’énoncer les principes du sabbat, il montre aussi comment on peut les mettre en pratique. Il y avait un homme avec une main paralysée (Marc 3:1-3), et à un moment donné, Jésus remarque cet homme. Il s’arrête pendant le sermon et s’adresse à celui qui a la main desséchée : « Lève-toi, là au milieu. »

Il est impossible que cet incident n’attire pas l’attention de tous, surtout de ceux qui suivaient Jésus. À cette occasion, Jésus entreprend trois actions. Premièrement, il touche le malade. À un moment donné, leurs regards se croisent. Jésus voit un besoin, une souffrance, et ne peut pas poursuivre sans s’arrêter pour aider. Il voit l’impuissance, mais aussi la foi de cet homme, qui était venu à la synagogue pour adorer. Deuxièmement, Jésus s’implique. Il n’exprime pas seulement de la compassion, ce qui est important, mais qui n’est pas suffisant. Il demande à l’homme de devenir le centre d’attention, de se tenir « au milieu ».

Souvent, le jour du sabbat, nous nous positionnons comme le centre d’attention, attendant que les autres viennent à nous, attendant que les autres notent notre présence ou notre ministère. Souvent, le sabbat, après une semaine entière de travail, devient le jour où nous attendons d’être servis, nourris par la Parole de Dieu et bénis, oubliant le véritable objectif du sabbat : bénir les autres par notre ministère. Le sabbat ne peut devenir un jour de joie que si nous suivons l’exemple de Jésus. Personne n’a eu le courage de répondre à la question de Jésus, à savoir s’il est « permis, le jour du sabbat, de faire du bien ou de faire du mal » (Marc 3:4). Troisièmement, Jésus protège cet homme, il ne se contente pas de le guérir. Les pharisiens et les hérodiens, les deux extrêmes de la religiosité juive, se retirent en colère. Cette fois, ils ont un but commun : détruire Jésus. Ceux qui se réjouissaient sont restés à l’intérieur avec Jésus et l’homme guéri. Pour eux et pour la famille de cet homme, le sabbat devient le plus beau des sabbats. C’est nous qui pouvons faire du sabbat un délice et une joie pour nos familles et l’église où nous adorons. 

Mais ne nous arrêtons pas là. Le commandement prononcé au Sinaï (Ex. 20:10) exige que la joie du sabbat soit goûtée même par ceux qui sont considérés comme des « étrangers » par les personnes qui célèbrent le sabbat. Le jour du sabbat, Dieu veut toucher plus de cœurs à travers nous ; il veut déverser plus de bénédictions, et guérir plus d’âmes pécheresses. Jésus a déclaré dans son sermon dans la synagogue de Nazareth que c’était sa mission (Luc 4:16-18).

Le rôle et le but du sabbat

Il est important de bien comprendre le but du sabbat ; cela peut nous aider à avoir la bonne attitude et à agir correctement. Le sabbat est mentionné pour la première fois dans la Bible au moment de la création (Gen. 2:1-3). C’est le jour où Dieu a achevé l’œuvre de la Création. Il fait partie de son œuvre. Ils ne peuvent pas être séparés. Si pendant les six jours, Dieu nous a offert des choses créées, le jour du sabbat, il s’offre lui-même en entrant dans l’espace et le temps créés pour les humains. Le sabbat est le jour où Dieu est présent avec son repos, ainsi que la bénédiction et la sanctification de ce temple créé dans le temps, auquel tous les gens ont accès.

Le repos n’est pas le contraire du travail ; Dieu n’avait pas besoin de repos, et probablement l’homme et la femme n’en avaient pas besoin non plus lors de la Création. Le repos est la célébration de l’harmonie entre le ciel et la terre. C’est la joie de l’univers entier pour tout ce qui a été créé. Le premier récit de la Création (Gen. 1, 2) culmine dans la joie du sabbat. En d’autres termes, tout ce que Dieu a créé était pour ce jour particulier, le sabbat. Même après la chute, le sabbat continue d’être un mémorial de la création, pointant vers Celui qui est le Créateur. En même temps, il porte en lui une certaine nostalgie ; il nous rappelle ce que nous avons perdu. Si vous avez perdu un être cher, le sabbat réveille des souvenirs qui peuvent faire mal. Mais en même temps, le sabbat parle d’une fin, la fin de la création, mais aussi de la re-création. C’est pourquoi il porte en lui l’espoir. C’est la fin de notre voyage de retour à la maison. Chaque sabbat n’est rien d’autre qu’une répétition du jour où nous verrons face à face Celui qui est le Seigneur du sabbat. Ainsi, le sabbat devient une voûte qui relie la création à la re-création par Jésus-Christ, et au centre de cette voûte se trouve la croix du Golgotha.

Nous pouvons également appeler le sabbat le jour de la réunion. Quand mes parents étaient en vie et que je leur disais que je rentrais à la maison pour une visite, c’était le plus beau jour pour eux. Chaque occasion de se retrouver était pleine d’émotion et de joie. Rien n’est plus triste que des parents qui attendent que leurs enfants viennent, et que les enfants ne les honorent pas de leur présence. Chaque sabbat, Dieu ouvre la porte des bénédictions et attend de ses enfants qu’ils viennent pour une nouvelle fête.

Chaque sabbat, nous faisons l’expérience du repos en mettant en pratique le principe du travail accompli. Nous avons de nombreux plans, des listes de choses à faire et d’innombrables souhaits. La vie au-delà des portes de l’Eden est marquée par de nombreux échecs. D’autre part, le sabbat nous dit de mettre nos soucis de côté, de nous arrêter et d’apprendre la leçon la plus importante : ce que Dieu fait pour nous est bien plus important que nos propres réalisations. Dans l’œuvre de la Création et de la re-création, le repos précède le travail. Le premier jour complet de la première famille humaine fut un jour de repos.

Le sabbat dans le contexte de la grande controverse 

Dieu ne voulait pas que cette planète devienne un lieu de douleur et de souffrance, mais il a prévu la possibilité que les humains chutent, alors il nous a donné le sabbat. Il a voulu dire que le danger de tomber dans le péché est réel, et qu’il ne suffit donc pas de se réunir une fois par an ou une fois par mois. Il veut passer une journée avec nous chaque semaine. Le besoin de la présence de Dieu est impératif après être tombé dans le péché. Les miracles accomplis par le Christ le jour du sabbat doivent être considérés dans le contexte du grand conflit. « Le but que Dieu se propose c’est la rédemption de l’homme ; par conséquent, ce qui doit être fait le jour du sabbat pour l’accomplissement de cette œuvre est en accord avec la loi du sabbat. » Avant qu’ils ne tombent dans le péché, Dieu se reposa avec l’homme et la femme (Gen. 2 : 1-3), mais dans les conditions de péché et de souffrance, Dieu travaille le jour du sabbat. C’est ainsi qu’il manifeste ainsi sa présence. Les évangiles montrent comment la tension entre les chefs religieux et Jésus augmente, à cause de son ministère du sabbat. C’est ainsi que Jésus a révélé son identité et le caractère de Dieu (Jean 5:17-47). Le jour du sabbat, le salut des humains, qui était l’œuvre du Père, était une priorité pour Jésus.

Le dernier livre de la Bible, l’Apocalypse, révèle de manière plus large la réalité de la grande controverse. Au centre de ce livre se trouve le message du sabbat. En ce temps de la fin, le nombre de ceux qui croient au récit de la Création et qui honorent le Créateur va en s’amenuisant. C’est pourquoi nous devons transmettre la vérité : « Adorez celui qui a fait le ciel, et la terre, et la mer, et les sources d’eaux » (Apoc. 14:7). Les Juifs avaient le sabbat, mais ont rejeté Jésus, et sans le Seigneur du sabbat (Marc 2:28), l’observance du jour n’a aucune valeur. Ils l’ont entouré de toutes sortes de restrictions, et Jésus a voulu lui redonner son vrai sens. Un autre extrême est lorsque le sabbat devient un jour de repos ordinaire, sans le respect et l’honneur que nous accordons à Celui qui l’a créé. Le sabbat est le moyen et l’occasion par lesquels nous montrons que Dieu est le premier dans notre vie et que la mission du Christ est notre mission.

En 2007, les médias roumains ont publié un article écrit par un non-adventiste, intitulé « Pardonne-moi, Béatrice ». L’auteur de l’article, Emilian Isailă, décrit un incident qui s’est produit lorsqu’il fréquentait une école secondaire à Bucarest. Il avait une camarade de classe qui s’appelait Béatrice. Il raconte : « C’était une fille de petite taille, belle et intelligente. C’était une bonne élève et elle ne parlait pas sans qu’on le lui demande… Pour toute la classe, Béatrice était un mystère. Je l’enviais sincèrement. À l’époque, il me semblait incroyable qu’un élève manque une journée de cours chaque semaine. En plus de ne pas venir le samedi, Béatrice s’absentait dès les derniers cours du vendredi. Nous étions en cours en fin d’après-midi, et quand le soir approchait, elle faisait son sac et partait… Béatrice était la fille d’une famille de médecins, membres de l’Église adventiste du septième jour. Tous les samedis, les professeurs notaient ses absences non motivées… Un vendredi après-midi, à la fin du cours d’histoire, cinq minutes avant que la cloche ne sonne, notre professeur nous a suggéré d’empêcher Béatrice de partir… Impassible aux menaces, Béatrice commença à faire ses valises. La maîtresse nous appela à l’en empêcher. Quelques garçons, dont moi-même, bloquèrent la porte ; d’autres l’entourèrent, essayant de la faire abandonner. Béatrice se rassit à sa table. Elle se couvrit les oreilles avec ses mains pour ne plus nous entendre et se mit à pleurer. Les larmes coulaient sur ses joues comme deux sources qui avaient enfin trouvé leur chemin vers la lumière. Nous restâmes décontenancés. Soudain, il y eut un silence comme si toute la classe avait eu une révélation. Nous avions honte… À partir de ce jour-là, Béatrice n’eut aucun problème pour quitter l’école. Une sorte de mystérieuse solidarité s’était créée entre elle et nous. Dorénavant, nous l’aidions. »

Aujourd’hui encore, Jésus s’adresse aux jeunes, aux parents, à nous tous : « Lève-toi, là, devant tout le monde » (Marc 3,3, BFC). Le sabbat est le moyen par lequel nous honorons Dieu. Nous montrons qu’il mérite que nous lui donnions la première place dans notre vie. Le sabbat est le jour de la guérison, un jour où nos cœurs sont touchés par son amour. Le sabbat est le jour où Dieu veut apporter la guérison et les bénédictions par l’intermédiaire de ses enfants à tous ceux qui nous entourent. Le sabbat est le signe de l’appartenance et de la fidélité à Dieu.

Je promets

 D’observer le sabbat, de prendre les dispositions nécessaires pour la préparation de ce jour, de respecter ses limites, et j’opte pour de bonnes pensées et de bonnes activités en accord avec la volonté de Dieu.

  1. Quelle place le sabbat occupe-t-il dans l’emploi du temps de votre famille ? Le sabbat est-il un jour de joie ?
  2. Comment le sabbat peut-il devenir une bénédiction pour ceux qui nous entourent ?
  3. Quelles décisions voulez-vous prendre pour reconsidérer la façon dont vous célébrez le sabbat ?